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Date de création : 04.12.2008
Dernière mise à jour : 08.03.2013
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bacha Mustapha

MUSTAPHA BACHA Par Ferhat MEHENNI

Publié le 12/08/2009 à 08:47 par brahambennadji
MUSTAPHA BACHA Par Ferhat MEHENNI
Mustapha Bacha, 15 ans déjà

 

Azul

Il y a 15 ans, Mustapha BACHA, alors numéro deux du RCD était terrassé par un malaise cardiaque. C’est une lettre adressée à sa fille qu’en tant que compagnon de lutte je me sens le devoir de rédiger pour mémoire.

Amitiés

Ferhat Mehenni

 

 

Hommage

Lettre à Sabrina, par Ferhat Mehenni

 

 

MUSTAPHA BACH

 

Lettre à Sabrina

Par Ferhat MEHENNI

 

Chère Sabrina !

Je devine, pour l’avoir vécue comme toi durant mon enfance, ta frustration de n’avoir pu grandir aux côtés de ton père par la faute de la Faucheuse qui s’était éprise de son cœur alors qu’il n’avait que 40 ans. Du coup, elle t’a privée de l’affection et de la tendresse paternelles pour le reste de ta vie.

Quand on vient te rappeler, à la manière de ces lignes, que tu avais pour père un homme de la trempe de Mustapha Bacha, un héros de légende, je comprends qu’à chaque fois que l’on évoque son nom devant toi, un sentiment de fierté t’envahit, souvent mêlé d’une ineffable tristesse.

Ton regard en porte à jamais l’empreinte. Plus tard, face aux épreuves du temps, tu sauras puiser au plus profond de ton âme sa force de caractère, l’un des rares héritages qu’il t’ait vraiment transmis. Avant que tu ne viennes au monde, il n’avait pour richesses que ses convictions et ses capacités d’analyse politique, ses dons d’orateur et ses compétences d’organisateur ; bref, sa carrure d’homme politique et de meneur d’hommes.

C’était à la veille de la marche que nous projetions de faire le 07 avril 1980 à Alger, moins de deux semaines avant la date historique du « printemps berbère » que j’eus le privilège de le rencontrer vers 23h30. Mon ami Arezki Ait Larbi qui avait sollicité une réunion du comité de la cité universitaire de Ben Aknoun dont Mustapha Bacha était le membre le plus influent, revenait de la séance abattu. Je l’attendais dans une voiture que m’avait prêtée un ami, Mohand Ouzzefoun. « L’Ancien, il n’y a que toi qui puisses renverser la vapeur et les décider à participer à la marche ! » C’est ainsi qu’il m’accompagna à la salle de réunion où un comité de six personnes siégeait. C’était un jeune homme brun aux cheveux raides et à la mèche rebelle souvent retombant sur ses yeux, un tantinet corpulent, qui était mon principal interlocuteur. C’était ton père. En très peu de temps et grâce à lui, j’eus le feu vert de la participation du comité à la première marche politique organisée à Alger contre le régime en place et son parti unique. Il connut ainsi sa première arrestation le 7 avril 1980 vers 10h30. Ce n’était qu’un début, un baptême de feu pour lui comme pour des dizaines d’autres militants de ce qui allait être désigné comme étant la « cause amazighe ». Il fut relâché le jour-même entre 20heures et 22heures, après son premier interrogatoire au commissariat central d’Alger. Au lieu qu’il en fusse intimidé, cela lui avait donné davantage de force pour relancer la solidarité de l’université d’Alger avec celle de Tizi-Ouzou qui était en grève depuis l’interdiction d’une conférence que devait y animer Mouloud Mammeri, un immense écrivain de chez nous, le 9 mars 1980. Il tenait chaque jour une assemblée générale devant la bibliothèque universitaire d’Alger, tout comme il montait de temps en temps à la faculté de droit à Ben Aknoun pour haranguer ses camarades et narguer la nuée de policiers qui venaient, tels des paparazzis du verbe, voler tout visage et tout propos qui étaient contre le pouvoir algérien. Il était fiché au département des opposants au régime sous l’étiquette de « berbéro-materialiste ». Oui, matérialiste, cela voulait dire qu’il avait pour méthode d’approche le matérialisme marxiste. Ton père était alors de gauche, je dirais même de l’extrême gauche. Lorsqu’il fut arrêté pour la deuxième fois le 22 avril de la même année, il avait assumé son appartenance aux GCR (Groupes Communistes Révolutionnaires), un groupe trotskiste de l’époque et était incarcéré à Berrouaghia où il faisait partie des 24 détenus du printemps berbère 1980. Après leur remise en liberté provisoire, qui était en fait une simple libération non assumée comme telle par les dirigeants d’alors, nous nous étions revus à un de mes concerts tenus au Théâtre National d’Alger fin juillet pour m’inviter, comme d’autres amis l’avaient fait avant lui, à participer au Séminaire d’Yakouren qui allait se dérouler du 02 au 16/08/80. Nous fréquentions des clans politiques différents mais j’avais l’avantage aux yeux de ton père d’être, en ces temps-là, un « marxisant » dans une groupe qui ne l’était nullement. Nous n’avions pas eu à nous affronter. Chacun avait alors l’intelligence de passer l’essentiel avant l’accessoire et les querelles de chapelles étaient reléguées au second plan. Il n’était vraiment fâché contre moi que 3 ou 4 ans plus tard, lorsqu’il apprit que j’avais dit dans un débat à l’université de Tizi-Ouzou que « ne pas être marxiste à 18 ans, c’est ne pas avoir de cœur, le demeurer à 30 ans c’est ne pas avoir de tête ! ». Entre temps il avait de nouveau été arrêté le 19 mai 1981 avec une autre vingtaine de camarades à l’occasion de la journée nationale de l’étudiant et fut condamné en appel à huit mois de prison ferme par Leïla Aslaoui qui, après la démocratisation du pays, se présentait comme une ministre « républicaine ». C’est surprenant combien les femmes et les hommes du pouvoir algérien sont capables de tourner mille fois casaque sans rougir !

C’est à la création du RCD que nous eûmes la chance de nous côtoyer de manière quotidienne. C’était Faredj Mahiou, l’un de ses meilleurs amis en 1988, qui avait fait la jonction entre lui et nous, le noyau dur du MCB d’alors. Il était ainsi l’un des quatre fondateurs du RCD dont il était devenu le Secrétaire national à l’organique jusqu’au 09/08/94 date de son fatal infarctus. EN 1988 il travaillait à l’Eniem, une entreprise publique d’électroménager située à ce jour à Oued Aissi, à quelques 10 km à l’Est de Tizi-Ouzou et y animait aussi des activités syndicales avec Ahmed Haddag. Il avait quitté ses fonctions administratives dès que le parti était en mesure de lui assurer un salaire, même inférieur à ses émoluments d’avant. Il entreprit alors un formidable travail de formation des jeunes cadres du RCD et leur apprit à se battre et affronter l’adversité y compris la plus intenable. Je me souviens de nos efforts conjoints pour ré-imposer le RCD sur l’échiquier du MCB qui n’était plus qu’un instrument au service exclusif du FFS depuis la création de notre parti et surtout depuis notre bourde de nous opposer à la marche du 25 janvier 1990. C’était donc vers fin janvier 1992 que nous réintégrâmes notre place naturelle au sein de ce mouvement dont les principaux animateurs ne savaient plus comment réagir à notre présence. A deux, avec la moitié de la salle qui nous était acquise, nous avions sauvé, pour la première fois, l’honneur du Rassemblement en Kabylie en imposant une résolution qui reprit autant les mots d’ordre du FFS que ceux du RCD. Nous ne savions pas tous les deux que nous étions en train d’approfondir la fracture entre Kabyles en agissant de la manière dont nous l’avions fait. Les uns et les autres, FFS et RCD, et à notre insu, nous faisions le jeu du pouvoir qui n’espérait pas meilleure situation pour lui que celle d’arbitre entre Kabyles que nous lui offrions et qui d’ailleurs continue à ce jour d’être offerte par les deux structures citées et par les Archs « dialoguistes » d’aujourd’hui. Tout un chacun estimait et continue de croire de son côté que ce combat fratricide engageait son honneur personnel alors qu’il compromet celui de toute notre région et de générations entières de notre glorieux et grand peuple kabyle.

C’était dans les rangs du parti qu’il avait rencontré celle qui allait faire son bonheur et lui donner une fille aussi belle que toi. Tu es le meilleur fruit de cet amour militant.

Un mois et dix jours avant sa mort Mustapha Bacha était à la tête de la marche dite des « démocrates » alors qu’elle n’était que celle du RCD dont le plus haut responsable voulait squatter la date anniversaire de l’assassinat du Président Boudiaf pour s’imposer comme seul leader des « démocrates » en Algérie face aux « réconciliateurs » dont faisait partie bien sûr le FFS. Personnellement j’avais refusé de prendre part physiquement à cette irresponsable initiative qui s’était terminée dans le sang. Deux bombes « artisanales » avaient éclaté à la tête du cortège et malgré la gravité de la situation et les risques qu’il y avait à continuer la marche ton père, selon ceux qui y étaient sur place, galvanisa la foule des rescapés et dévia la procession vers le siège du RCD à Alger alors qu’elle devait se rendre à la présidence de la république. Une fois rentré chez lui à Tizi-Ouzou, il médita sur cet événement et décida de ne plus mettre le pied dehors. Pourquoi ? Avait-il conclu que c’était lui qui était visé par les attentats du 29 juin 1994 ? En tous les cas, il ne décida de sortir que le jour où, apprenant que j’étais au Bureau Régional du RCD, fraîchement arrivé de France où je me trouvais depuis plus d’un mois, il vînt me rendre visite. Il m’entraînas tout de suite vers un bureau vide et me lança cette phrase qui me laissa abasourdi : « L’Ancien, tu ne peux pas savoir à quelle décevante conclusion je suis arrivé ! » Devant mon étonnement, il ajouta, « Je me suis rendu compte que nous nous sommes trompés et de moyens politiques et de moyens humains ! ». N’ayant pas montré suffisamment d’intérêt sur le champ à cette affirmation gravissime, il m’abandonna sur mon siège. Vers le 29 juillet, il vint me voir pour me dire qu’on venait de lui proposer de prendre la Direction du RCD pour que son secrétaire général puisse s’occuper de celle du MPR (Mouvement pour la République), une structure parallèle créée en novembre 1993. Nous nous revîmes une dernière fois, le 04 août au siège communal du RCD à Tizi-Ouzou, dans une réunion du MCB à l’issue de laquelle j’étais élu président de la Coordination Nationale que j’avais créée le 4 avril 1993. L’annonce de sa mort était pour moi d’une violence inouïe. Tôt le matin du 09/08/1994, on me téléphona pour m’apprendre sa mort. « Qui l’a tué ? » répondis-je surpris, croyant qu’on venait de l’abattre ! Nous étions à l’époque où de nombreux assassinats politiques, officiellement attribués aux GIA (Groupes Islamiques Armés) étaient quotidiennement perpétrés. Je n’arrivais pas à croire que c’était son cœur qui venait de le lâcher.

C’est par devoir de mémoire que j’ai fouillé dans mon passé ces quelques bribes, de la vie de ton géniteur, accrochées encore à mes neurones, en espérant que cela t’aiderait à te construire une image aussi proche que positive de ton père. Ta mère m’en avait fait la demande depuis quelques années déjà.

Je m’étais exécuté de bonne grâce sans pour autant avoir eu l’occasion de lui remettre mon témoignage que j’avais fini par perdre, faute de numéro où je pouvais la joindre. C’est ainsi que j’ai saisi la date anniversaire du départ de ce géant du militantisme amazighe, là où nous le rejoindrons tous un jour, pour t’écrire cette lettre ouverte en espérant qu’elle réponde à tes attentes et à celles de tes grands parents et tes nombreux tantes et oncles. La vie n’a pas été tendre avec toi, durant ta plus tendre enfance. Je formule le vœu qu’elle devienne plus généreuse, les années à venir. Affectueusement.

FERHAT MEHENNI

Azazga, le 08/09/05

Il y a 15 ans disparaissait Mustapha Bacha

Publié le 10/08/2009 à 08:14 par brahambennadji
Il y a 15 ans disparaissait Mustapha Bacha
Actualités : ÉVOCATION
Il y a 15 ans disparaissait Mustapha Bacha


Le 8 août 1994, tombait la nouvelle de la mort de Bacha Mustapha, militant de la démocratie et des causes justes, membre fondateur et secrétaire national à l’organique au sein de son parti le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), succombant à un arrêt cardiaque qui l’a ravi aux siens, à ses amis et à toute la «famille qui avance» dans une Algérie menacée de disparaître devant la montée du fascisme vert et le recul d’un pouvoir frileux, plus préoccupé à sauver sa face que de sauvegarder le pays.
15 années après, les amis de Bacha Mustapha parmi les démocrates républicains et les patriotes, dont le nombre s’est malheureusement rétréci comme une peau de chagrin qui par renoncement, qui par désillusion, qui par fatalisme ou même par trahison, ont observé une halte pour se rappeler, l’espace d’une commémoration symbolique, un homme pourtant jeune dans l’âge mais qui a marqué le combat démocratique et républicain par ses convictions jamais remises en cause, la justesse de ses positions, sa force de persuasion et surtout son refus de céder aux chants des sirènes d’un pouvoir corrompu et corrupteur, en allant jouer les bouffons de la «démocratie royale», comme il s’est toujours dressé, par son courage et sa bravoure, devant les islamistes de «toutes barbes» et leurs bras sanguinaires terroristes. Né le 24 juillet 1956 à Tassaft Ouguemoune, dans la commune d’Iboudrarène, Bacha Mustapha a très tôt versé dans la «subversion démocratique» contre le système du parti unique des années de plomb, qui a confisqué aux Algériens leurs libertés et leur culture ancestrale. Militant pour le «vrai socialisme» et les cultures populaires, concepts en vogue dans les années 70 et 80, le «fils du pauvre» a fondé à la fac d’Alger où il était étudiant, le Groupe communiste révolutionnaire (GCR) avant de se distinguer durant les évènements du Printemps berbère de 1980 qui le feront rapprocher des militants berbéristes parmi lesquels il fera partie du groupe des 24 détenus de 1980. En 1981, il participât à la tenue du premier séminaire du Mouvement culturel berbère (MCB) à Yakourène (Tizi-Ouzou) Au lendemain des tragiques évènements du 5 Octobre 1988, qui ont «accouché-», dans le sang et la répression, de l’ouverture démocratique en Algérie, Bacha Mustapha avec ses autres compagnons de combat, dont le Dr Saïd Sadi, appela à la tenue des assises nationales du MCB qui, le 9 avril 1989, consacreront la naissance du premier parti politique de l’Algérie démocratique, le Rassemblement pour la culture et la démocratie. Il a été aussi celui par qui sera crée le premier syndicat «autonome» en milieu professionnel qui échappe au contrôle de la centrale syndicale UGTA, c’était l’UDT, Union démocratique des travailleurs, créé au complexe électroménager Eniem de Tizi-Ouzou au début des années 1990. Militant infatigable, orateur hors pair, Bacha Mustapha aura vécu jusqu’à son dernier souffle pour ses convictions politiques et ses idéaux de liberté et de démocratie dans un pays où déjà ses meilleurs enfants commençaient à disparaître sous les balles assassines des terroristes intégristes, alors que les démocrates républicains continuaient (continuent toujours) à se «mordre les pattes». Il sera alors l’un des organisateurs actifs, le 25 novembre 1993, des Etats généraux des patriotes républicains, une initiative qui se voulait un espace de convergence et de rassemblement des démocrates au sein du Mouvement pour la République (MPR). Aujourd’hui, dans l’Algérie de l’allégeance et de la «danse du ventre» pour des strapontins ou tout au plus figurer dans la cour des lâches, que reste-t-il des idéaux de Bacha Mustapha et tant d’autres valeureux militants dont on oublie jusqu’aux rituelles cérémonies commémoratives où l’on évoquait leurs sacrifices, louait leurs convictions et l’on leur renouvelait les serments pour perpétuer leur combat ? Repose en paix Mustapha et «heureux les martyrs qui n’ont rien vu».
Sadek Aït-Salem

bacha , l'oublié de SADI

Publié le 29/12/2008 à 12:00 par brahambennadji
bacha , l'oublié de SADI
L’itinéraire d’un combat


En perdant l’un des artisans du printemps berbère, l’un des fils dignes, Tassaft est en deuil.
Fils de Belaid et Chettir Mekioussa, le regretté Mustapha Bacha est issu d’une famille modeste. Il est né le 27-07-1956 à Tassaft, où il à fait l’école primaire de son village natal avant de continuer ses études moyennes à l’école des pères blancs à Beni-Yanni, puis les études secondaires au lycée « Amirouche » de Tizi-Ouzou, où il obtient son baccalauréat en 1978-79.
Mustapha n’avait pas 24 ans qu’il était déjà l’un des leaders du soulèvement d’avril 80, qu’on appela « le printemps berbère ». Il goûtera à l’isolement et la prison dans son pays indépendant, plus précisément à la prison de « Berouaghia», avec ses camarades de lutte. Cette qualité lui était reconnue par ses camarades étudiants à la fac centrale pour ses dons d’orateur hors pair et son exceptionnel sens de l’organisation.
« Il y a des hommes Océan » Il &tait déjà de ceux qui tardent dans la nuit du 6 avril 1980, ils avaient décidé de faire participer la communauté universitaire d’Alger à la marche organisée pour le lendemain. Elle devait aller de la place du 1er mai vers la présidence de la république. La marche est agressée par les forces de «répression » et plusieurs dizaines de manifestants s’étaient retrouvés en garde à vue au commissariat central où ils furent durement interrogés. Mustapha était parmi eux. Au lendemain de sa libération, il active de plus belle pour ne pas laisser mourir un printemps si beau.
Il sera de nouveau arrêté le 20 avril et cette fois déféré devant la cour de sûreté de l’état avec 23 autres militants de la cause. Leur libération provisoire survient le 26 juin de la même année.
Loin d’entamer sa détermination, il sera l’un des organisateurs du séminaire de «Yakourène » d’août 1980 dont les travaux avaient pour la première fois esquissés les contours de la revendication culturelle berbère dans le cadre national algérien.
Il s’empare alors de l’instrument idéologique en vogue dans les années 70 : la gauche.
Il crée alors et anime plusieurs mouvements de gauche ; obsédé par l’idée de liberté et la soif de justice, il fut un des grands opposants à l’infâme article 120 dés son avènement. En 1977 il entame un dur combat pour la mise sur pied du premier comité universitaire autonome à l’institut des sciences économiques d’Alger.
Malgré ces 4 ans mouvementés dans l’université, il parvint à décrocher sa licence en sciences économiques en 1982. Il entame en suite une carrière professionnelle de cadre gestionnaire à l’E.N.I.E.M (ex-SONELEC) où il fut élu représentant des travailleurs à l’UGTA. Durant sa carrière syndicaliste, il fut le fondateur du syndicat autonome (future UDT) de l’E.N.E.M en 88. Parallèlement à son activité il était militant du GCR «Groupe Communiste Révolutionnaire" de 82 à 84, puis de l’ORT(Organisation Révolutionnaire des Travailleurs)de 84 à 87. Et dans le cadre du MCB, il rejoint le groupe de Said Saâdi le 11juillet 1986.
Le 20 avril 1988, il participa à une table ronde avec un certain nombre d’acteur du printemps Amazig et conclura comme la plupart des présents que
«si les divergences idéologiques nous ont jusqu’à présent éloigné les uns des autres, il est nécessaire que Tamazigt nous réunisse aujourd’hui ». Après les événements d’octobre 88, dés le 9 novembre, il est parmi les quatre appelants à la tenue des assises du MCB. Elles eurent lieu les 9 et 10février1989 à l’issue desquelles, le RCDétait proclamé par Mustapha qui en devient le secrétaire national à l’organisation et à la formation en même temps il était un des animateurs les plus efficaces du MPR (mouvement pour la république).
Doué d’un grand sens de l’organisation, il était le principal concepteur de tous les grands événements initiés par le MPR et le RCD
Etat généraux des patriotes républicains
Les congrès
Marche du 10 mai 1990
Marche du 24 octobre 1991
Marche du 29 juin 1994
« il aimait l’Algérie à en mourir »Patriote infatigable, méticuleux, honnête, Bacha aura donné tout à la cause Amazig que nous ne sauront l’oublier. par son combat en faveur de l’amazigité, il est parmi ceux qui ont évolué naturellement vers le combat national voire universel en faveur des valeurs de liberté, de tolérance, de courage et de sacrifice.
Il faut rappeler qu’au plan culturel, il participa à la création de la troupe «DEBZA », puis du collectif culturel de l’université avant d’être en
« Il faut ouvrir toutes les portes et toutes les fenêtres pour qu’un grand souffle d’air passe, il faut que la liberté d’expression devienne réelle » 1981, durant les événements du 19 mai 81et à 11 mois de prison.
En 1982, lors de l’assassinat de Kamel Amzal, Mustapha était présent à la tentative d’organisation de l’assemblée générale de Ben Aknoun qui fut alors interdite.
Le 17 mars 1989, à Tassaft, il fut le fondateur de l’une des premières associations culturelles à voir le jour en Algérie et c’était l’association culturelle Ammar At Hamouda.
Toujours présent sur les trois fronts, social, politique et culturel. Mustapha mena par la suite une lutte sans répit pour la justice, la liberté et la démocratie. Ne connaissant ni le repos, ni le divertissement, Mustapha ne militait pas, il vivait en militant. Ce militant, qui n’avait pas en fat une vie privée, était d’une disponibilité telle qu’on peut dire sans risque de se tromper que, depuis 25 ans, il était pour quelque chose dans tous les événements qui ont marqué les combats identitaires et pour la démocratie.
Ses discours tranchants, son franc-parler dépouillé de toutes fioritures complaisantes laissent, le souvenir d’un homme qui détestait les compromis et les compromissions.
Lors d’un meeting à Tizi-Ouzou il avait répondu à ceux qui ménagent les suscebtilités calculatrices et déclaré à propos de l’arrêt du processus électoral :«En disait de nous des fous e des audacieux si c’est pour l’Algérie en l’est tout le temps ». audacieux, il l’était pour l’Algérie moderne et républicaine.
Qu’il s’agisse de la jeunesse, de la culture nationale ou de l’école il expliquera sans répit les positions de son parti et ses convictions propres. De l’école en particulier, il n’a cessé d’insister sur «une refonte radicale » plutôt qu’une réforme.Farouche opposant du «système qui a échoué dans tous les domaines », ennemi irréductible de l’intégrisme et du terrorisme, il n’avait qu’une ambition : «Sauver le pays, car l’avenir de l’Algérie ne se joue pas à la roulette russe ».Mustapha était de ces hommes taillés d’une seule pièce dans l’honnêteté et l’intégrité. ses capacités politiques et son engagement, sans réserve, pour la démocratie en font une perte irremplaçable pour le projet républicain.
Lors du dernier entretien accordé à la presse (opinion du 2.8.94), Mustapha avait déclaré : «Il n’y a plus de place aux hésitations(...) les enjeux calcifiés, les conditions administratives et sécuritaires réunies, aucun démocrate ne peut refuser le retour au suffrage universel ».
dans telles circonstances, il est très difficile de trouver les mots pour exprimer toute la douleur qu’on ressent pour avoir perdu un ami, un frère, un compagnon de toujours. Voilà un homme qui n’appartient pas seulement à la famille Bacha, mais appartient à tout ce monde qui lutte pour la liberté et la démocratie en Algérie. Mustapha était un homme d’exception issu d’un village qui s’est toujours identifié aux sacrifices, il est parti à la fleur de l’âge, comme tous les grands hommes politiques qui partent très tôt sans avoir accompli pleinement leur mission, atteint leur idéal.
Sur la pointe des pieds, discrètement, un peu à la manière des grands, il nous a quittés pudiquement, emporté par un arrêt cardiaque, sans un râle, sans un soupir, comme un héros. Oui, mais il avait de qui tenir, il faisait parti de cette lignée de révolutionnaires qui ont vu le jour dans son patelin et qui avaient pour nom Amirouche et ainsi que Ammar At Hamouda. Il leurs a toujours ressemblé parce que fier comme eux, loyal envers son pays, un vrai nationaliste des temps moderne, un de ces algériens dont on est fier d’être l’ami.
« Son seul « Son crime a été de revendiquer son identité »Ce patriote infatigable avait consacré toute sa vie au militantisme ,à défendre sa langue maternelle, dans la soif d’une justice sociale, toute une vie à rêver d’une Algérie démocratique et voir les droits de l’homme triomphés dans un pays qui pleure ses enfants jusqu’aujourd’hui.
Mustapha Bacha a laissé un grand vide, que tous ceux qui ont la chance de travailler avec lui, sentira , parti avec un cœur peiné, laissant ainsi son pays sombré dans le chaos, il nous a quittés sans prévenir, subitement emporté par un arrêt cardiaque le lundi 08 août 1994.
Sa transparence et sa compétence vont cruellement nous manquer. Il nous manquera sur le plan politique d’abord, car ta présence, ton combat et tes idées sur la démocratie étaient remarquables à plus d’un titre. Il ne ressemblait en rien à ces opportunistes de salon qui changent de veste au gré de la conjoncture. Non, il était un des pionniers pour toutes les causes nobles qu’il défendait avec acharnement. Mais aussi son départ précipité laisse un vide difficile à combler.
Qui ne connaît pas son esprit d’organisation ?
Ses coups de gueules autoritaires et combien sympathiques ?
Ses analyses lucides, posées et justes sur la situation dramatique que traverse le pays ?
« Il y a des vies comme ça trop courtes. Et trop remplies.
La vie de Mustapha était de celles-là »Nous devions nous retrouver tout ensemble pour nous concerter sur une position commune à adopter sur l’épineux problème du dialogue ! son amour et son engagement pour le regretté Boudiaf faisaient de lui un vrai patriote algérien et il était de tous les combats pour la vérité sur son assassinat.
Voilà pourquoi il va nous manquer terriblement ! mais qu’il sache que nous allons continuer à nous battre comme il a su si bien le faire pour nos idées, notre projet de société et notre avenir et celui de nos enfants.
Mustapha restera vivant dans le cœur du MCB et des algériens qui en font un symbole de probité et de dignité. Il rejoint ainsi la chaîne ancestrale des bâtisseurs de nations. A nous de suivre ses traces pour combattre un pouvoir injuste et corrompu dont l’issue est aujourd’hui compromise par le terrorisme islamique.
Il nous a encore une fois dessillé les yeux sur la nature des fascistes en déclarant : «Il n’y a d’islamistes modérés en Algérie que ceux qui n’ont pas les moyens de la violence ».
De grâce, Mustapha n’avait pas besoin de pleurs et de lamentations, lui qui n’avait jamais abdiqué dans ses luttes et ses combats. Alors, à nous tous, de lui promettre solennellement que nous sommes prêts pour la continuité de la lutte jusqu’à la victoire finale.
Repose en paix Mustapha, «La République Vaincra », disait l’affiche à l’entrée de ton village natal Tassaft !








bacha

Publié le 29/12/2008 à 12:00 par brahambennadji
bacha
Il suit ses études primaires à l’école de son village, pour rejoindre le collège des Pères blancs en 1968/69 à Beni Yenni. En 1972, Mustapha Bacha rejoint le lycée Polyvalent (Amirouche) à Tizi-Ouzou. Les premiers rudiments politiques commencent à bourgeonner chez Mustapha durant cette période qui connaissait une rude répression du pouvoir de l’époque contre ce qui est communément appelé les berbéristes. Il obtient son bac série scientifique en 1976, il avait 20 ans. Il s’inscrit à Alger, université de Ben Aknoun, c’était comme mettre un poisson dans l’eau : Mustapha a su donner un sens à sa vie d’étudiant, en se consacrant d’abord à ses études en sciences économiques et surtout au combat politique. Feu Mustapha n’a pu mener à terme ses études en sciences économiques.

A l’explosion d’Avril 80, lui et ses camarades dont Arezki Ait Larbi, Amara Benyounes, Titif et d’autres créérent le collectif culturel, qui s’occupait de la coordination du combat entre Alger et Tizi-Ouzou. Il fut arrêté en avril 80 et faisait partie des 24 détenus. Libéré en aout 80 après être passé devant la cour de sûreté de l’Etat. Très actif dans les luttes estudiantines, Mustapha Bacha est de nouveau arrêté en 1981 à Alger. Chemin faisant, syndicaliste avéré, il participe aussi au séminaire de Yakouren sur la question identitaire et culturelle. De la lutte au combat, il est gagné par les idées de gauche et se structure dans des organisations d’extrême gauche GCR (Groupe communiste révolutionnaire) puis après une scission il devient cadre dirigeant de l’ORT (Organisation révolutionaire des travailleurs). A l’ouverture politique en 1989, il est approché par les cadres du MCB de l’époque, pour enfin donner des assises au MCB, transformé de façon controversée en parti politique, traité de tous les noms d’oiseaux. Mustapha Bacha devient membre fondateur du RCD et membre de la direction politique, secrétaire national à l’organique. En fin orateur et en dialecticien hors pair, Mustapha Bacha suscite peur et appréhension, y compris parmi ses camarades du RCD. Presque isolé, il meurt terrassé par une crise cardiaque, laissant une veuve, un orphelin et une famille qui n’arrive pas à faire son deuil.

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