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Date de création : 04.12.2008
Dernière mise à jour : 16.09.2018
724 articles


Youcef Abedjaoui. Un artiste, un style à réhabiliter

Publié le 26/11/2010 à 07:35 par brahambennadji

Youcef Abedjaoui. Un artiste, un style à réhabiliter

 

EVOCATION

abedjaouicopie.jpg

Contribution de Boualem Bouahmed

artiste.jpg

abedjaoui.jpgC'est en secret de ses parents  sous le pseudonyme de  Youcef Abdjaoui  qu'Aliouche Youcef a entamé dans les années cinquante, sa carrière artistique.  Né le16 décembre 1932, au village Ait-Allaouane (Akfadou), son enfance sera partagée entre l'école et les travaux champêtres. La colonisation et son lot d'injustice et de misère faisait que beaucoup de garçons abandonnaient très tôt leurs études pour se consacrer à la vie active et subvenir aux besoins de leurs familles.

À 16 ans, le voilà déjà s'essayant à divers petits métiers, ferrailleur, commerçant… avant de rejoindre comme footballeur, le club fétiche de la Soummam SSSA (société sportive de Sidi-Aich). Il élit domicile à Sidi-Aich, au quartier des docs et continue à vivre d'expédients en rêvant à la concrétisation de son vœu : devenir chanteur. Ayant appris sur le tas et loin des regards courroucés des gardiens des traditions à jouer de la guitare, de la mandole, du luth, il a hâte de mettre en pratique ses connaissances musicales et de se jauger au contact de véritables maitres dans le domaine.

 

                                  Bejaïa, ville bouillonnante de vie culturelle où une radio émettait depuis 1947, était à l'époque un passage obligé pour tous les artistes voulant faire leurs premiers pas. Aliouche Youcef  s'y rend en 1956 et rencontre Cheikh Sadek Abdjaoui qui lui mettra enfin les pieds dans l'étrier. Lui choisissant son nom d'artiste, Youcef Abdjaoui, lui prodiguant de précieux conseils et le comblant d'une attention particulière, cheikh Sadek Abdjaoui va transmettre le feu sacré à ce jeune loup qui ne tardera pas à faire parler de lui. De radio-Bougie, le voilà qui passe sur les ondes de radio-Alger où il interprète ses propres compositions. Son premier disque contenant deux chansons « Âuhdheghk a lâavdh our koumnagh » (J'en fais serment, homme de ne jamais te croire) et « Ladzeyer » (Alger) enregistré à Alger en 1958 est un véritable succès.  Ce succès lui ouvre grandement  les portes  du célèbre orchestre de Amraoui Moussa qu'il intègre comme chanteur-compositeur. Consacré comme artiste talentueux et prometteur par sa première production, il voit grand, il veut désormais égaler les grand maîtres. Pour atteindre cet objectif, la ville de Bougie qui lui a permis de faire ses débuts, lui semble maintenant étroite à son immense vocation. Seule la France, Paris, la ville des lumières notamment,  peuvent à son goût lui procurer ce qui lui manque en Algérie et le mener au bout de son rêve. Il embarque donc, en 1958 pour la France et prend  contact rapidement  avec cheikh Missoum, précurseur de la chanson moderne algérienne et grand faiseur de vedettes. Dans l'orchestre de ce maître où il tient plusieurs rôles : chanteur, instrumentiste, il se frottera à de grands noms de la chanson algérienne et s'abreuvera aux différents styles dominants de l'époque, notamment, le Chaâbi et l'andalou. Soumis à ces influences bienfaisantes, son art, son style musical prend définitivement forme. Ses compositions où il marie admirablement  les musiques folkloriques kabyles avec le chaâbi et l'andalou offre un souffle nouveau  à la chanson kabyle. Un style vient de naitre. Oui, Youcef Abdjaoui, malgré ses différentes influences, s'est crée un style propre à lui. Propulsé au devant de la scène, ses chansons deviennent rapidement des tubes chantés et appris par cœur par une multitude de gens, par ses belles compositions musicales et sa poésie  où se mêle, en un cocktail détonant, lyrisme, romantisme, moralisme…« Tit d wul » (l'œil et le cœur), chanson aux allures philosophiques où ces deux organes se querellent au sujet de la beauté et de leur responsabilité respective dans  l'humaine condition, est connue quasiment par tous les Kabyles.

                                    Ayant entamé sa carrière artistique au plus fort de la guerre d'indépendance, il ne pouvait rester indifférent au drame sanglant vécu par son peuple. A l'appel du FLN, il rejoint en 1959 à Tunis, l'orchestre national qui comptait en son sein d'éminents artistes, à l'exemple, des Farid Ali, Sid Ali Kouiret, Ahmed Wahbi, H'sisen et bien d'autres. Cet orchestre était en fait une pépinière d'artistes révolutionnaires  qui avaient  pour mission de diffuser le message des “Novembristes”.

                                   Youcef Abdjaoui aimait à ce sujet répéter cette phrase  « Les uns font la guerre aves des fusils, moi je la fais avec ma guitare ». À la fin de la guerre, il retourne au pays et il rejoint la radio Chaine II  où il exerce la fonction de  responsable  de l'orchestre de variétés kabyles. Il se consacre avec fougue à sa nouvelle mission croyant participer à l'œuvre d'édification de son pays qui vient juste de sortir d'une longue nuit coloniale, mais il déchantera rapidement devant les inconséquences et les errements des responsables qui commençaient à voir en la chanson kabyle un danger pour l'unité nationale. Déçu par la tournure qu'ont pris les événements, il quitte, en 1969, le pays et part pour la France où il continue à fignoler son art et à accoucher chef-d'œuvre sur chef-d'œuvre. Chantant le pays, l'amour, les déceptions, les trahisons, l'honneur et la dignité, il ne tardera pas à devenir pour la génération post-indépendance qui pleurait sur l'indépendance confisquée, une véritable idole.  « Yegguma woul »(Le cœur refuse), « Lefhel » (le preux),  « Ennif » (l'honneur), (Lahvav) (les amis)… autant d'œuvres immortelles qui ont  conquis et secoué le cœur de toute une jeunesse. Les quelques 46 chansons de son répertoire témoignent aujourd'hui du talent de cet artiste parti sans avoir vidé tout son carquois. Il meurt emporté par une grave maladie, le 28 octobre 1996 à Paris ; il est enterré dans le village qui l'a vu naitre. Grand amateur de la chanson à texte, porté de son vivant  au panthéon des grands artistes , Youcef Abdjaoui continue à faire parler de lui et à être écouté par les nouvelles générations gagnées par le spleen et le mal-être et qui tentent de trouver  dans la chanson des réponses à leur malaise existentiel.  Pour préserver sa mémoire, la salle des fêtes de  la ville de Sidi-Aich est  baptisée  en son nom. Geste  combien méritoire tellement chez nous, la culture de l'oubli est devenue quasiment une constante